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VANNINA MICHELI - RECHTMAN
Séminaire Année 2009-2010 à Espace Analytique
IMAGE ET PSYCHANALYSE : QUEL REEL EN PRISE ENTRE
DESIR DU PSYCHANALYSTE
ET L'ŒUVRE DU CINEASTE ?
Animé par Vannina Micheli-Rechtmann
et Jean-Jacques Moscovitz
au 4 place St-Germain à Paris 6e
Hotel de l’industrie voir le panneau en entrant pour la salle
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LUNDI 15 FEVRIER 2010 à 21h
Vannina Micheli-Rechtman :
“John Cassavetes et le féminin : décryptage d’un regard de cinéaste”
Dès les premières images, les films de John Cassavetes nous déconcertent, puis nous fascinent par leur originalité. Non seulement nous sommes rapidement plongés dans une histoire souvent difficile à saisir immédiatement, mais ses personnages présentent des particularités que l’on retrouve dans tous ses films : ils ne sont pas vraiment présentés ou situés dans une histoire, ils ne renvoient pas à une intériorité psychologique mais à une vérité de l’instant en accord avec la situation qu’ils subissent ou déclenchent, ils se cherchent constamment, sans assise logique, se constituant dans l’acte même de jouer comme s’il n’y avait pas d’intention au départ. Le statut du langage même est questionné, car les personnages de Cassavetes parlent beaucoup mais disent peu de choses, comme si les mots avaient peu de poids, les conversations sont parfois sans objet, comme si les personnages ne se reconnaissaient pas dans l’expression verbale par nature normative ou contraignante. La parole est donnée au corps qui devient d’une immédiateté absolue et possède une grande liberté de mouvement. Cassavetes filme ses personnages avec une grande proximité qui n’a rien à voir avec le voyeurisme car il s’accompagne d’une immense pudeur.
ARGUMENT DU SEMINAIRE
IMAGE ET PSYCHANALYSE :
La naissance du cinéma et celle de la psychanalyse sont contemporaines. L'artiste, en posant son regard, faisant événement, nous donne notre réel à voir, alors que le désir de l'analyste « libido à couleur de vide », comme le formule Lacan, nous met face à un réel - celui de la parole de l'analysant - qui le rend responsable, tout autant que l'analyste est responsable du rapport/non rapport du sujet au collectif. L'image est index de ce rien à voir qui insiste à nous faire témoin d'une anse sur le réel avec quoi, comme spectateur, l'analyste comme chacun a rendez-vous. C'est en développant le pouvoir latent de l'image que le cinéma s'est enrichi des éléments qui lui donnent son caractère singulier. Le cinéma faisait ainsi son apparition dans une civilisation où le sentiment de l'irréalité de l'image était si enracinée que la vision projetée aux spectateurs du cinématographe Lumière, si réaliste fut elle, ne pouvait être considérée comme réelle par tous les spectateurs. Aujourd'hui les images occupent une place centrale (qu'elles soient visuelles, télévisuelles ou images d'écrans d'ordinateurs via Internet ou jeux vidéos) renvoyant à une nouvelle exigence, celle de « faire voir », comme si tout ce qui n'est pas vu n'existe pas. Le culte de l'apparence, la fascination de la transparence ou la passion de la révélation s'opposent-ils ainsi à l'intérêt pour le caché, l'implicite ou le non-dit. Mais, comme le disait Roberto Rossellini, les images sont là, pourquoi les manipuler ?
Veuillez noter les dates des prochaines soirées :
- 15 mars 2010 -
A propos du livre de Jean-Claude Polack "L'obscur objet du cinéma" Réflexions d'un psychanalyste cinéphile. Ed. Campagne Première, aôut 2009, présenté par Maria Landau.

